29.12.2010

Storytelling : et la culture générale bordel !

quilles.jpg« Il faut raconter une histoire ». Le culte du storytelling s’est emparé de la communication. Raconter une histoire, oui, mais pas n’importe quoi. Tout se prête à être écrit et raconté… pour cela, faites appel à un vrai rédacteur, mais pensez aussi à aller plus loin.

Tenez, je découvre qu’une agence de communication que j’aime beaucoup (Soleil Noir) est désormais localisée à Paris, rue du Mail.

Un geek se féliciterait de la modernité de la mairie qui a su donner un nom moderne à une rue de sa ville et rendre hommage à la technologique. Il vanterait le choix de l’adresse par cette agence digitale et la qualifierait de « hype », a minima.

Mais l’histoire est autre. A l’origine, un mail est une large allée plantée d’arbres, le long de fossés, de fortifications ou de remparts. C’était surtout l’endroit où l’on jouait, en général, au jeu de mail. Ce jeu de quilles au maillet, originaire de Gascogne. Songez que même Martin Luther trouvait le jeu acceptable puisqu’il pensait que chaque fois que l’on abbatait une quille, on effaçait un péché.

Rien à vous donc entre le « mail » que l’on s’écrit aujourd’hui et celui que l’on envoie alors cogner les quilles. Entre petites histoires et Histoire, pourtant, parfois les choses s’entrechoquent. Sachez néanmoins que le jeu de mail renaît aujourd'hui de ses cendres. Il fut sans doute l'ancêtre d'un autre sport bien "gaulois" : la pétanque.


Note de Red-Act : Vous souhaitez faire rédiger l’histoire de votre ville, de votre entreprise, vous êtes situés en Alsace. Contactez-nous.

 

 

09:00 | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : soleil, noir, rédacteur, red-act, mail, jeu, quilles, alsace, sports, histoire, storytelling | |

Commentaires

Vous conviendrez qu'il est un peu paradoxal de voir quelqu'un soucieux - à juste titre - de patrimoine, d'identité, d'histoire, se laisser aller à nourrir nos préjugés à l'encontre de nos ancêtres. Nos prédécesseurs étaient bien moins idiots que notre contemporaine arrogance nous pousse à l'imaginer. Et cela, croyez-le ou non, est également vrai pour nos ancêtres Chrétiens!

Alors, non, Martin Luther ne "pensait" pas que "chaque fois que l'on abattait une quille, on effaçait un péché" ! D'abord parce qu'il était, comme dit, un peu plus intelligent que cela. Ensuite parce que l'idée même que l'homme puisse accomplir quelque acte que ce soit contribuant à effacer ses péchés, était une idée anathème pour Luther - au point même qu'elle a été à l'origine même de sa Réforme, qui commença par une critique des Indulgences, lesquelles visaient à faire croire aux fidèles qu'en faisant des dons à l'Eglise, ils réduiraient la durée de leur séjour au Purgatoire. Pour Luther, l'homme est sauvé par la Grâce seule ("sola gratia") et ses actes, aussi bons soient-ils, ne sont que des manifestations imparfaites (et non intrinsèquement salvifiques) de sa gratitude envers Dieu, en d'autres termes, ils ne sont qu'une réponse à la Grâce.

Ce qui est exact en revanche, c'est que ML était un pratiquant du jeu de quilles (on dit que c'est lui qui aurait fixé le nombre traditionnel de quilles à neuf, mais la chose est discutable), et qu'il a, dans au moins un sermon encore conservé, utilisé une métaphore quillesque (quillienne ?). Le seul lien entre votre affirmation et la réalité historique : ML, interrogé sur la nature païenne ou chrétienne du jeu de quilles, répondit que si le jeu était pratiqué de façon raisonnable et dans un esprit chrétien, rien ne justifiait son interdiction (qui finit par venir en Allemagne, mais trois siècles plus tard, pour cause de développement de paris douteux). Il suggéra que de façon à conserver un bon esprit dans ce jeu, on pouvait attribuer symboliquement à chaque quille le nom d'un péché. Rien de plus.

Il est d'ailleurs probable que ML n'ait fait là que reprendre un "truc" des joueurs de quilles médiévaux, dont on sait que dans divers endroits d'Europe, pour défendre leur passion qui était critiquée par les clercs, s'en sont sortis en affublant le jeu d'un vernis chrétien par l'attribution de noms de péchés aux quilles ou piquets.

Pour la petite histoire, Martin Luther est honoré par un diorama le représentant pratiquant le jeu de quilles, à l'International Bowling Museum and Hall of Fame, à Arlington (Texas).

Écrit par : denis l. | 01.01.2011

Répondre à ce commentaire

C'est plutôt la com qui s'est non pas emparée mais entichée du storytelling. Lui était déjà là, depuis bien longtemps car : les histoires sont la monnaie d'échange des rapports humains (R. McKee). Et le resteront.

Écrit par : stephane dangel | 05.01.2011

Répondre à ce commentaire

Exact, Stéphane, et si vous êtes dispo, on vous interviewe volontiers sur le sujet.

Écrit par : Red-Act | 05.01.2011

Répondre à ce commentaire

Écrire un commentaire